Un coup de tête un samedi après-midi : je refais le top de ma PV Predator XP Plus
D’habitude, les vidéos sur la chaîne, c’est assez planifié. Je sais où je m’en vais, j’ai un plan, une liste de matériel, tout ça. Ben cette fois-là, non. Pas pantoute.
Je vous présente ma Predator XP Plus. C’est ma guitare, la première, celle qui m’a suivi pendant très longtemps, même à travers une looongue absence de jouer de la guitare (ouais, ça m’est arrivé, croyez-le ou non). Le problème, c’est que le top est complètement magané. Le bois, c’est du tilleul pis avec les années, ça s’est rempli d’indentations. Ça me faisait de la peine de la voir de même. Fait que, sur un élan un peu impulsif, j’ai décidé de régler ça aujourd’hui même. Direction : sablage complet du top, nouvelle teinture, nouvelle finition. Quelque chose de plus coloré, de plus personnalisé, qui me ressemble plus. Le défi caché là-dedans ? Je touchais pas aux côtés, juste le dessus — fallait donc que je réussisse à marier la nouvelle finition avec la feuillure existante. Une idée de fou, peut-être. Mais j’avais confiance.
Le sablage : plus facile que prévu
Après avoir démonté la guitare au complet, je suis parti avec ma sableuse orbitale et un papier 60 grit — oui, du gros calibre, parce que je voulais pas passer la journée à gosser avec ça. Résultat : ça a été pas mal plus rapide et moins poussiéreux que je pensais. Le fini d’usine était visiblement pas ben épais. Le vrai casse-tête, c’était les places où l’indentation était trop profonde pour juste sabler. Pour ces coins-là, j’ai sorti une technique que j’avais déjà utilisée sur un manche : humidifier le bois au maximum, puis passer un fer à souder par-dessus un linge mouillé pour faire lever le grain compressé. Fallait juste faire attention de pas brûler le bois ni décoller la feuillure. Ça a fonctionné, pas à la vitesse que j’aurais aimé, mais ça a fonctionné. Un coup le bois relevé, retour au sablage, cette fois au 120 puis au 150. Le tilleul, c’est pas de l’acajou — ça reste jamais parfaitement lisse — mais le grain qui ressortait avec un linge humide était vraiment beau.
La teinture : un burst turquoise inspiré de la mer
Une fois le masquage fait autour de la feuillure, j’ai testé une idée qui me trottait dans la tête : un genre de burst naturel-vers-turquoise, inspiré d’une guitare que j’avais vue avec un look mer et sable. La teinture Rit, sortie de la bouteille, est vraiment vraiment bleue — mais ça réagit avec la couleur du bois et, une fois la couche de finition à l’huile appliquée par-dessus, ça devient franchement turquoise. La technique : appliquer seulement sur le contour au début, puis fondre l’application vers l’intérieur avec un chiffon humide pour créer un dégradé (un fade, si vous voulez). Fallait résister à l’envie d’aller trop loin vers le centre — les couches subséquentes allaient naturellement gruger vers l’intérieur. J’ai fait deux couches en insistant chaque fois sur le contour pour foncer le burst, en terminant toujours avec de l’eau pour marier les transitions. Petit conseil si vous essayez ça : fiez-vous pas à l’apparence de la teinture qui sèche, elle a l’air « fade ». Le vrai indicateur du résultat final, c’est l’apparence de la surface pendant qu’elle est encore mouillée. Après séchage, j’ai nettoyé le débordement de teinture sur la feuillure avec une lame d’exacto modifiée (un coin cassé, une partie masquée pour pas me couper), en utilisant mes doigts comme guide pour garder une distance constante du rebord.
Erreur de parcours : le vernis à l’eau qui n’aimait pas la teinture Rit
Là, j’ai fait un choix qui a coûté cher en temps : appliquer un polyuréthane à base d’eau, le même que j’utilise sur l’Explorer, pour sceller la teinture. Première couche, appliquée au pinceau en mousse, technique habituelle — de l’intérieur vers l’extérieur, rapidement, sans trop insister. Résultat après séchage : mauvaise nouvelle. La couleur est restée bleue et patchy, et le vernis semblait avoir séché trop vite — il n’a pas adhéré comme il faut, laissant de grosses marques. Verdict sans appel : la teinture Rit et le vernis à base d’eau, ça se marie pas. Donc, retour à la case départ : sablage jusqu’au bois, nouveau masquage (rendu à trois fois, à ce point-là), et cette fois-ci, un polyuréthane à base d’huile.
Deuxième tentative : le vernis à l’huile, plus lent mais tellement plus payant
Avec l’huile, tout change : on a beaucoup plus de temps pour travailler, pas besoin de repasser dix fois au même endroit. Application au pinceau en mousse, toujours vers l’extérieur, en essayant de mettre le moins de pression possible. Ce projet m’a rappelé une chose importante : la finition, c’est une épreuve de patience. Ça se marie assez mal avec un projet de fin de semaine sur un coup de tête — comme celui-ci, justement. Mais on apprend. Le bois, étant poreux par endroits, absorbait le vernis de façon inégale — normal, avec du tilleul. J’ai laissé sécher, empilé les couches, en sablant légèrement entre chacune (au 600) pour niveler la surface. Une fois suffisamment de matière accumulée, dernière couche essuyée au chiffon, avec un léger ponçage à l’eau savonneuse au 2000 grit avant, juste assez pour créer de l’accroche sans percer le vernis. Une astuce toute simple mais efficace : une lampe placée au ras de la surface permet de repérer les bulles ou les zones manquées qu’on verrait pas autrement.
Résultat et prochaines étapes
Le rendu final ? Content, vraiment content de la teinte turquoise obtenue — exactement ce que j’avais en tête au départ, malgré le détour. Le résultat est déjà relativement lisse et propre, assez pour réassembler la guitare et recommencer à jouer dessus dès maintenant. La suite, c’est classique : laisser durcir un bon mois avant de faire le polissage final (démontage du manche et des cordes pour l’occasion). D’ici là, la Predator reprend du service, avec un top qui lui ressemble enfin.
Est-ce que ça vous arrive, vous aussi, de partir sur des coups de tête de projet comme ça ? Dites-moi ça en commentaire.